Rendre sa voiture en fin de leasing : ce qui est facturé, et comment l'éviter

La restitution est le moment où un leasing bien mené peut encore coûter cher. Le loueur récupère un véhicule qu'il va revendre : tout ce qui fait baisser ce prix de revente est susceptible de vous être refacturé. La bonne nouvelle, c'est que presque tout se prépare, et que la plupart des frais se jouent dans les semaines qui précèdent le rendez-vous, pas le jour même.

Usure normale et dommage : la frontière qui décide de tout

Un véhicule rendu après trois ou quatre ans n'est pas censé être neuf. Les contrats distinguent l'usure normale, qui reste à la charge du loueur, et les dommages, qui vous sont facturés. Quelques micro-rayures de lavage, des sièges légèrement patinés, des jantes marquées de façon superficielle relèvent en général de l'usure. Une portière enfoncée, un pare-brise impacté, une rayure qui traverse le vernis jusqu'à l'apprêt, une brûlure de cigarette sur un siège relèvent du dommage.

La plupart des loueurs s'appuient sur une grille de restitution qui décrit précisément ces seuils, souvent avec des dimensions : taille maximale d'une rayure, nombre d'impacts tolérés, profondeur minimale des pneus. Demandez ce document dès la signature et relisez-le trois mois avant l'échéance. C'est lui, et non l'appréciation du jour, qui sert de référence.

Le procès-verbal de restitution, pièce maîtresse

À la reprise du véhicule, un procès-verbal est établi, en principe de façon contradictoire, c'est-à-dire en votre présence ou celle d'une personne que vous mandatez. Il liste l'état de la carrosserie, de l'habitacle, des pneumatiques, le kilométrage et les éléments rendus : doubles des clés, carnet d'entretien, câble de recharge pour un véhicule électrifié, roue de secours ou kit anti-crevaison.

Ne signez jamais un procès-verbal que vous n'avez pas lu. Si vous contestez un point, écrivez-le sur le document avant de signer. Prenez vos propres photographies datées, extérieur et intérieur, compteur compris, le jour de la restitution. Selon votre contrat, une contre-expertise peut être prévue en cas de désaccord : vérifiez ses modalités et son délai avant le rendez-vous, pas après.

Les kilomètres en trop

Le forfait kilométrique fixé au contrat n'est pas une indication : chaque kilomètre au-delà est facturé à un tarif écrit dans vos conditions, et la somme grimpe vite sur un dépassement de plusieurs milliers de kilomètres. À l'inverse, les kilomètres non parcourus sont rarement remboursés.

La parade se prépare en cours de contrat. Faites le point à mi-parcours : si vous êtes nettement au-dessus du rythme prévu, un avenant de kilométrage coûte presque toujours moins cher que la pénalité finale. Chez TurboLease, le kilométrage annuel peut être modifié par avenant à partir de douze mois de contrat.

Les pièces qui manquent coûtent cher

Un double de clé perdu se facture au prix d'une clé programmée, ce qui n'a rien d'anodin sur un véhicule récent. Même chose pour le câble de recharge d'un électrique ou d'un hybride rechargeable, le cache-bagages, les tapis d'origine ou le kit de sécurité. Rassemblez tout la veille, dans le coffre.

Le carnet d'entretien compte aussi. Un entretien sauté peut être considéré comme un défaut d'usage du véhicule, et certains contrats prévoient de le refacturer. Gardez les factures des révisions, même si l'entretien était inclus dans une option : elles prouvent que le véhicule a été suivi.

Préparer la voiture : ce qui vaut la peine, et ce qui ne la vaut pas

Un nettoyage intérieur et extérieur soigné n'est pas du zèle : un véhicule sale masque les défauts, et l'expert a tendance à noter plus sévèrement ce qu'il ne peut pas vérifier. Faire disparaître soi-même un petit défaut peut valoir la peine : un débosselage sans peinture, une rénovation de jante ou le remplacement d'un pneu usé sous le seuil coûtent souvent moins cher chez un indépendant que la refacturation au tarif du loueur.

En revanche, une réparation bâclée est pire que le défaut d'origine : une retouche de peinture visible, une teinte approximative, un pare-chocs mal ajusté seront notés et facturés au prix d'une remise en état complète. Pour les dommages importants, déclarez-les plutôt à votre assurance au moment où ils surviennent.

En LOA, la question ne se pose que si vous rendez le véhicule

En location avec option d'achat, vous avez le choix à l'échéance : lever l'option et garder la voiture, ou la rendre. Si vous l'achetez, l'état du véhicule devient votre affaire et aucun frais de remise en état ne s'applique. Si vous la rendez, les mêmes règles de restitution qu'en LLD s'appliquent.

C'est un argument à peser quelques mois avant l'échéance : sur un véhicule marqué, comparer le coût probable de la remise en état avec l'intérêt de lever l'option peut faire pencher la décision.

Questions fréquentes

Peut-on refuser de signer le procès-verbal de restitution ?

Vous pouvez surtout y inscrire vos réserves. Mentionner par écrit chaque point contesté, photographies à l'appui, vaut mieux qu'un refus pur et simple, qui bloque la procédure sans rien prouver. Vérifiez ensuite dans votre contrat si une contre-expertise est prévue et dans quel délai la demander.

Les kilomètres non parcourus sont-ils remboursés ?

Rarement. La plupart des contrats facturent le dépassement sans rembourser la sous-utilisation. D'où l'intérêt de caler le forfait sur votre kilométrage réel dès le départ, et de l'ajuster par avenant en cours de contrat si votre usage change.

Faut-il réparer soi-même avant de rendre la voiture ?

Pour les petits défauts nets, souvent oui : un débosselage sans peinture ou une jante rénovée coûtent généralement moins cher chez un indépendant. Pour tout ce qui touche à la peinture ou à la structure, une réparation approximative sera facturée comme un dommage : mieux vaut passer par l'assurance ou laisser le loueur chiffrer.